Quel accueil !

Près de 270 personnes ont partagé la rencontre du 27 mars à l’auditorium du musée des Etats généraux des migrations 2018 organisée par trois collectifs : migrants en Isère, Cisem, et Aui alerte. Une rencontre dynamique qui a été ouverte par une prestation culinaire de Cuisine sans frontières. 8o assiettes avaient été préparées par nos amis « accueillis » et il en a manqué. Le CADTM et ses bénévoles qui vendaient leurs confitures faites maison ont quasiment tout vendu.  Cette vente d’une association partenaire, contribue depuis plus de 6 mois à financer une partie des charges d’un logement mis à disposition par l’Apardap en lien avec un toit pour tous et actuellement   occupé par une famille de deux enfants et bientôt trois.  Merci à elle.

Nous étions inquiets de ne pas pouvoir accueillir tout le monde, devant l’affluence de ceux qui n’avaient pas pu réserver leur place. Finalement tout le monde a pu entrer. Beaucoup d’accueillis étaient non seulement présents mais ont pris la parole tout au long de la soirée. Ils étaient également présents grâce aux 4 vidéos d’entretiens réalisées par Céline Legay, étudiante à l’école de journalisme bénévole et par Françoise Estréguil qui a pris en charge toute la communication de cette rencontre.

Il y eut des moments très forts au cours de la soirée avec notamment cette première table ronde riche de trois témoignages citoyens solidaires et concrets :  deux guides du briançonnais, de 3 Amie, et des vertaccueillants. Autre moment très attendu la prestation de Serge Slama professeur de droit, universitaire à Grenoble, par ailleurs très engagé sur les questions des migrations. Son exposé clair sur les dangers du projet de loi ont contribué à éclairer les participants et a sans doute renforcé leur envie d’en parler autour d’eux. La soirée s’est poursuivie par une table ronde de trois universitaires Chowra Makaremi qui a travaillé à l’ouvrage « Entre accueil et rejet » ce que les villes font aux migrants, édition le passager clandestin, (quelques exemplaires sont disponibles à l’apardap ), Anne Laure Amilhat Sazy Directrice du laboratoire Pacte sur l’externalisation des frontières, et Dominique Noguières de la Ligue des droits de l’homme qui a insisté sur la nécessité de se battre sans relâche pour le respect des  droits de l’homme pour tous les citoyens français et étrangers.
La parole a beaucoup circulé lors de cette rencontre très riche qui s’est achevée un peu tard par deux courtes conclusions de Denis Hatzfeld pour Migrants en Isère et de Jo Briant pour la Cisem

Certains des participants avaient déjà participé aux États généraux de 2016, d’autres sont investis dans des associations diverses, d’autres encore sont venus pour s’informer. Tous ont contribué au succès de cette rencontre et ont pu dire l’intérêt qu’ils y ont pris. Plusieurs élus étaient présents de la minorité au conseil régional, de la Mairie de Grenoble, de la Métro. A souligner la participation remarquée de nombre de jeunes adultes migrants qu’il s’agisse de ceux du Patio, mais aussi de ceux qui ont répondu à l’appel des collectifs organisateurs.  Un regret sous forme de question : pourquoi toute la presse a-t-elle boudée cette initiative ? Du chemin reste à faire même si on peut aussi noter la richesse de l’actualité sur ces questions au cours de ce week-end pascal qu’il s’agisse des articles liés à la mission parlementaire à Menton Ventimille (voir le premier article ci-dessous).
http://www.liberation.fr/france/2018/04/01/a-menton-la-police-aux-frontieres-sous-inspection-parlementaire_1640389

Ou de l’émotion suscitée en Italie et en France suite à l’intrusion de douaniers français dans un centre d’accueil de migrants à Bardonnechia.
http://www.bienpublic.com/actualite/2018/04/01/un-controle-douanier-francais-indigne-l-italie

Et maintenant quelle suite ?

Nous voulons continuer à peser sur le projet de loi en cours de discussion et faire des propositions pour une autre politique d’accueil.

Les trois collectifs s’engagent donc  dans la deuxième étape des États généraux 2018 en organisant le 21 avril « les ateliers » pour préciser les conditions d’une autre hospitalité des migrants dans notre pays, dans la suite de la réflexion conduite lors des cahiers de doléances en 2016 ; C’est à la maison des associations de Grenoble de 9 h 30 à 17 heures.

Nous poursuivrons par une grande journée publique et si possible populaire  au jardin de ville de Grenoble  le 27 mai, (jour des deux journées d’États généraux à Paris) avec des jeux, des contes, des débats, de la musique un grand repas partagé  pour tous les publics, pour les familles, les jeunes adultes….qui pourront découvrir les cultures des pays d’où viennent les migrants qui vivent sur notre territoire

Puis le 9 juin ce sera la journée des Tuiles avec une présence associative.

Le 23 juin notez  la présentation de la pièce « Nora dans les Frontières » par les « Indisciplinés » troupe de théâtre  de l’Apardap à La Vence scène de St Egrève.

D’ici là de nombreuses autres actions sont prévues par les associations et les collectifs  notamment avec la fin de la trêve hivernale sur l’hébergement à l’occasion de laquelle de nombreux migrants risquent une remise à la rue. C’est aussi le cas en ce qui concerne la situation des jeunes adultes majeurs qui sont menacés de perdre le statut de jeune majeur qui était jusqu’ici attribué par le conseil départemental, leur assurant ainsi hébergement et aide financière jusqu’à 21 ans et qui est remis en cause. En atteste la mobilisation qui a accompagné les 22 recours déposés par les avocats et la Cimade auprès du TA et dont les résultats ne sont pas tous connus.

Et si vous n’avez  pas encore vu « Lignes de partage », ne ratez pas  le 24 avril à 19 heures à l’École de Management à Grenoble

« Dans le contexte de l’engagement de Grenoble École de Management envers les réfugiés, et notre collaboration sur ce sujet avec la COMUE, nous organisons le mardi 24 avril à 19:00 une rencontre-projection autour du film « Lignes de Partage » du réalisateur grenoblois Thierry Mennessier (co-produit par L’APARDAP et la Ville de Grenoble). Ce film, qui retrace le quotidien d’hommes et de femmes en attente d’un statut de réfugié ou d’un titre de séjour à Grenoble, sera suivi d’une rencontre avec le metteur en scène et une courte présentation d’initiatives par des acteurs locaux. Entrée libre et ouverte à tous, inscriptions obligatoires. Cette soirée est organisée en collaboration avec l’APARDAP, la COMUE, le projet Ensemble d’IMPACT et d’autres acteurs locaux. »

Inscrivez-vous en cliquant sur ce lien :

https://lignesdepartage.eventbrite.fr

Cette projection marque aussi la volonté des structures universitaires de contribuer à informer les étudiants sur les migrations et à favoriser leur engagement solidaire comme c’est par exemple le cas avec le Patio ; C’est aussi le cas de nombreux collèges et lycées qui travaillent sur ces questions avec les associations.

Monique Vuiallat